Arbre de Paroles : la marinade de la déprime

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La marinade de la déprime :

Ah c’est le beau jour pour préparer cette marinade oh combien spéciale !!!! Cela commence au réveil qui s’est fait forcément déjà dans un état bien mélancolique, Si par hasard, un rayon de soleil se pointe, fermez vite les volets., sinon cela commerçait très mal . Ce type de marinade ne supporte pas la lumière de soleil !, Ensuite, traînez encore un temps au lit avec des idées bien sombre du genre «  On m’a encore fait une grasse. Je n’ai pas de chance. Et de toute façon, cela ne changera jamais, Ce sont les bons ingrédients pour notre marinade. Maintenant au petit déjeuner avec un café fort avec une bonne dose de lait (de préférence concentré) pour le rendre particulièrement indigeste, vous y ajoutez un jus d’orange industriel aux colorants et aux phosphates pour donner une note bien acide à ce début de journée. Le pain de la veille est bien sur rassis et vous le grillez jusqu’à obtenir des acrylamides propices à l’arthrose avec une couche bien épaisse de confiture. Ah le sucré te fait un bien immense !!!!!

Surtout n’attaquez pas la pile de vaisselle dans votre évier, au contraire, ajoutez celui du petit déjeuner ! J’oubliais. Avant de préparer le petit déjà, mettez la radio pour écouter les infos du jour : accidents, début de guerre, prises d’Otages etc cela contribue fortement à notre préparation spéciale. Ah, oui dans les infos, on l’a dit : » grève des trains »Juste le jour ou je devais me rendre à un RdV important pour ma recherche de travail, Bon, Que faire alors ? Surtout pas ranger l’appartement qui a aussi besoin d’un bon coup de balai ! Cela aussi c’est contraire à la recette de la marinade, Mieux vaut de répartir par ici er là encore quelques journaux pas lus et des vêtements qu’on hésitait à mettre, ainsi le tableau est plus complet, D’ailleurs, mettez des couleurs bien sombres, surtout du noir, cela sied parfaitement à la déprime, Cela la maintient même, donc pas une seule couleur qui puisse égayer le tableau, ni blanc, ni rose ou toute la gamme de pastels.

Finalement, on décide de sortir. Cela tombe bien, il a commencé à faire gris. On dirait qu’il va pleuvoir d’un moment à l’autre, donc pas la peine d’aller trop loin : le centre commercial tout près fera l’affaire Ah là, on fera la part belle à toutes les sucreries imaginables , les rayons en dégorgent et je mérite bien cela, Les poches bien remplies, je me rendrai ensuite au Ciné proche pour regarder un film d’horreur, pendent lequel je bouffée toute la provision de bonbons, En sortant, je me suis encore acheté des pop-corn pour éviter de me préparer un diner Aller voir des copains ou des copines ? l’idée m’a effleure un instant, Mais non le jour de marinade, ce n’est pas idéal, sauf des copains qui t’enfoncent encore plus avec leur négativité, Mais celui-là n’était pas disponible selon la messagerie du portable, Dommage avec ces demandes incessantes de services que je dois lui rendre, il aurait pu faire quelque chose pour la marinade de la déprime, J’adore quand il me dit d’être incapable de me sortir de mes problèmes. Alors je lui rend visite le plus souvent possible, même si c’est à « perpète chnok » où il me demandé de faire son ménage ; J’adore, je me sens utile, voire exister. Finalement, après une errance dans des quartiers glauques, je décide de rentrer chez moi, Je ne suis quand-même pas SDF , car j’ai un apart, même s’il celui-ci n’est pas rangé, les volets sont clos( au moins comme ça on va pas que le ménage n’est pas fait), Pour la marinade, il ne manque presque plus grand chose, Peut-être encore le journal télévisé du soir : au menu, la guerre en Syrie, des enfants palestiniens morts dans des bombardements, une catastrophe naturel qui a englouti des villages, enfin le quotidien ……. Pas moins de prendre un bouquin pour lire tranquillement. Mieux vaut enchaîner sur la série policière dont j’ai vu des extraits bien sanglants. Je pense avec cela la marinade aura la dernière touche. Dormir avec ça , n’est pas possible, Voyons une bonne rasade de whisky me fera du bien, allons deux. En fait, jamais deux sans trois,

Auteur :Ursula PRÄMASSING

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